01/05/2020  
  BOOKS (Pauline Toulet)  
  hilologue de formation, Luis Artigue s’est d’abord fait connaître grâce à sa poésie, avant de se tourner vers l’écriture de romans. Dans Café Jazz el Destripador, cet écrivain espagnol esquisse une biographie toute personnelle du célèbre musicien de jazz Miles Davis. « Toute la question est de savoir comment un trompettiste tourmenté, accro à l’héroïne, monstre d’égoïsme et qui ne connaît pas l’amour, a pu donner naissance à une œuvre aussi subtile, harmonieuse et pleine de nuances que le disque Kind of Blue, véritable pierre angulaire du jazz moderne », résume Artigue dans le quotidien en ligne Leonoticias.

Deux génies maudits et autodestructeurs
Que le lecteur soit prévenu, il ne s’agit pas là d’une biographie au sens strict : personnages réels et imaginaires cohabitent dans ce livre où s’entremêlent deux fils narratifs. D’un côté, nous suivons Miles Davis dans le New York du milieu des années 1940, de l’autre, nous plongeons dans le Paris de la révolution de 1848 aux côtés de Charles Baudelaire. Par cet artifice, Artigue met en évidence des similitudes entre la vie du jazzman et celle du poète, tous deux artistes maudits, à la fois géniaux et autodestructeurs. « Artigue nous hypnotise (c’est le mot qui convient) avec un roman fascinant et violent sur le mal, la musique et ces personnes qui ne sont pas nées pour être heureuses mais pour faire de grandes choses », commente la romancière Leticia Sánchez Ruiz dans le quotidien espagnol El Comercio.

Un jazzman en enfer
« Dans ces pages, Miles Davis est une sorte de Dante conduit dans l’enfer du quartier de Harlem par un étrange Virgile – son maître aussi talentueux que malfaisant, Charlie Parker », pointe le quotidien léonais La Nueva Crónica. Résolument sombre, Café Jazz el Destripador reste inclassable, même pour son auteur. « Roman noir historique », voire « thriller ésotérique », se hasarde à répondre Artigue lorsqu’on lui demande de qualifier son livre. Avant de finalement s’en dédire : « De toute façon, je ne crois pas aux genres [littéraires]. Je suis un dégénéré », s’amuse-t-il dans les colonnes du quotidien espagnol El País.